Le survêtement

Le survêtement est né d'une fonction précise : garder les muscles chauds avant l'effort et éviter le refroidissement après. Il est devenu une pièce de vêtement à part entière, portée bien au-delà du terrain.
Ce que fait un survêtement
Sa fonction première reste thermique. Avant l'effort, il maintient la température musculaire pendant l'échauffement. Après, il limite la chute rapide de température, qui est un facteur de raideur et de gêne respiratoire.
Sa seconde fonction est l'évacuation de l'humidité : un vêtement qui retient la sueur refroidit et irrite. C'est ce qui distingue un survêtement technique d'un simple ensemble en molleton.
Les matières
Le polyester domine les usages sportifs : léger, résistant, il sèche vite et évacue l'humidité par capillarité. Il retient en revanche les odeurs davantage que les fibres naturelles.
Le coton est agréable au contact et respirant, mais il absorbe la sueur et la garde : un ensemble en coton mouillé refroidit. Il convient au loisir et à l'après-sport, pas à l'effort.
Les mélanges polyester-coton cherchent le compromis, et les fibres élasthanne ajoutées en petite proportion apportent la liberté de mouvement.
Le molleton gratté à l'intérieur, ou fleece, isole bien pour un poids modéré : c'est la matière des ensembles d'hiver et des modèles de type tech fleece, qui associent légèreté et isolation.
Les modèles
Les ensembles pour homme se composent typiquement d'une veste zippée, avec ou sans capuche, et d'un pantalon à cordon de serrage, souvent doté de poches zippées. Les modèles d'entraînement des équipes de football, à coupe ajustée et matières techniques, sont parmi les plus répandus.
Les ensembles pour femme reprennent les mêmes matières, avec des coupes généralement plus ajustées à la taille, des longueurs de jambe variées et des finitions différentes. Les modèles à taille haute et jambe resserrée dominent depuis plusieurs années.
Plusieurs marques proposent des tissus traités contre les odeurs et des constructions ergonomiques, avec des coutures placées hors des zones de frottement.
Choisir la bonne coupe
La coupe ajustée limite les prises au vent et les accrochages : elle convient à la course, au football et aux sports collectifs.
La coupe droite ou ample facilite l'enfilage par-dessus une tenue et le retrait rapide avant l'entrée en jeu — d'où les pantalons à zip latéral, conçus pour s'ôter sans enlever les chaussures.
Trois détails font la différence à l'usage : des poches zippées, qui évitent de perdre ses clés ; des bas de jambe resserrés ou réglables, qui ne traînent pas au sol ; et des bandes réfléchissantes pour la pratique en extérieur le soir, qui relèvent de la sécurité et non du style.
D'un vêtement de sport à une pièce de mode
Le survêtement a connu plusieurs vies : équipement d'athlétisme dans les années 1960, uniforme des cultures hip-hop et des mouvements de danse urbaine dans les années 1980, pièce de créateur ensuite, et vêtement du quotidien depuis la généralisation du travail à domicile.
Cette trajectoire lui a valu, en France comme ailleurs, une charge sociale ambiguë : longtemps stigmatisé, il est aujourd'hui présent dans les collections de maisons de luxe. Le vêtement n'a pas changé, le regard porté sur lui, si.
Entretenir
Laver à l'envers, à trente degrés, sans adoucissant : l'adoucissant obstrue les pores des tissus techniques et détruit leur capacité à évacuer l'humidité. C'est la principale cause de survêtements qui ne « respirent plus ».
Fermer les zips avant le lavage, pour ne pas accrocher les autres vêtements. Éviter le sèche-linge, qui abîme les élasthannes et les impressions, et laisser sécher à plat ou sur cintre, à l'écart d'une source de chaleur.
Contre les odeurs persistantes, un trempage préalable dans une eau additionnée de vinaigre blanc est plus efficace qu'une augmentation de la température de lavage, qui abîme les fibres sans détruire les composés en cause.